vendredi 29 janvier 2010

No one is innocent


Marrant, très fan de films fantastiques, je ne m'étais jamais vraiment penché sur les années 60. A tort, sans doute, puisqu'en quelques semaines j'ai pu rattraper ce retard avec du culte fauché (Night of the living dead, Romero), du classique un peu chiant (Repulsion), du culte arty flippant (Le Voyeur, M.Powell) ou encore le très réussi et très "suggéré" The Haunting (Robert Wise, qui a été remakée en bouse Hantise), le vieillot "Village des damnés" version Wolf Rilla et en revoyant le délicieusement atroce Rosemary's baby.

Cependant, une de ces pépites avait complètement échappé à mon attention. Il s'agit du film Les Innocents, de Jack Clayton, sorti en 1961. Le pitch est assez simple, une nounou propre sur elle est envoyée dans un manoir à la cambrousse pour veiller sur deux enfants sans mère alors que des phénomènes étranges se produisent et que les marmots sont un peu weird...vous suivez ?



La pauvre Deborah Kerr se retrouve donc embarquée dans une histoire bizarre de maison hantée, mais ce qui surprend dans ce chef-d'oeuvre c'est d'abord le côté "franco" de la trouille pour un film du début des sixties, contrairement aux effets très "suggérés" chez Robert Wise...Grincements de portes, éclairs, poupées qui bougent toutes seules, apparitions inattendues (très très flippantes), érotisme diffus, et un dénouement assez tordu. On ne croirait vraiment pas être revenu 49 ans en arrière, mais 20 en terme de moyens cinéma.

Autre vraie qualité du film, sa beauté. Les jeux de lumière et une photo splendide sont à l'actif du chef op' Freddie Francis, qui joue avec les profondeurs de champ et les gros plans à merveille, dans une baraque s'y prêtant évidemment.

Enfin, l'histoire - adaptée du Tour d'écrou de Henry James - et des dialogues coécrits par Truman Capote achèvent de rendre l'ensemble très précieux, et à voir absolument. Je ne pensais sincèrement pas flipper autant avec un film aussi ancien. Respect.

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