dimanche 28 février 2010

As sampled from #3

A l'honneur aujourd'hui le morceau "Message to a black man" des Temptations, dépoussiéré récemment par la réédition d'une sublime version reggae signée Derrick Harriott and the Chosen Few, et par son utilisation foisonnante en hip-hop, par Nas, RZA et MF Doom, entre autres...







mercredi 24 février 2010

All nightmare long : hommage à Freddy


Commençons par la "fin" : l'idée de ce post m'est venue du remake annoncé des Griffes de la Nuit, fait par Samuel Bayer et prévu pour sortir en France le 12 mai 2010, et surtout produit par la bande à Michael Bay. Peu fan de la démarche de "reprises" initiée par ce dernier, je dois avouer que le trailer a de la gueule...



Et ça m'ennuierait presque qu'il soit alléchant ce trailer, pour plusieurs raisons. D'abord, je n'ai foncièrement rien contre les remakes quand ils se "valent" ou valent eux-mêmes quelque chose. Celui de la Colline par Aja était excellent, et celui de La dernière maison pas mal, deux films d'ailleurs siglés Craven. Je serai plus dubitatif sur ceux justement produits par Bay, entre deux "Massacre" pas trop pourris mais inutiles, et un "Friday the 13th" joyeux mais un poil putassier. Enfin, les deux "Halloween" de Rob Zombie sortent certes un peu du lot pour leur sauvagerie mais on aurait pu s'en passer aussi. Bref.

Donc pourquoi moins "Freddy" que d'autres ? C'est sans doute moi qui cabotine, comme taulier inamovible des fameuses années 80. Parce que, même si Halloween reste mon film fantastique préféré des tous les temps, "Nightmare on Elm st" est un véritable culte, pour toutes les explications qui vont suivre. Mais aussi parce que la multitude des remakes prouve avant tout que l'imagination n'a plus cours, depuis des chefs d'oeuvre comme Candyman, hormis deux-trois belles idées...

D'abord, le type derrière le projet, Wes Craven. L'homme au nom de cigarette est l'un des 4-5 mecs les plus importants de la spécialité, avec Carpenter, Shyamalan, Kiyoshi Kurosawa, pour les plus prestigieux et mes favoris. Mais le plus croustillant, sans doute ave Craven est son apport de "pionner de chaque décennie". Jugez plutôt : dans les 70's il frappe très fort avec La dernière maison et La Colline, puis dans les années 80 Les Griffes de la Nuit (en 1984), le très sous-estimé "Le sous-sol de la peur" (People under the stairs) avant de révolutionner le genre et son appréciation avec Scream en 1996. Et si le patriarche s'est souvent foiré avec des trucs comme La Créature du marais, Deadly Friend, Cursed ou Red Eye, il a posé suffisamment de jalons pour obtenir gratitude et adoration.



Et - donc - si la série des Freddy (dont Craven n'a rappelons-le réalisé que le premier et le dernier) est si précieuse, si marquante pour son époque c'est surtout dans son idée, son processus créatif et narratif, son mélange entre les peurs de l'époque, la société de consommation, les pavillons coquets de l'Amérique moyenne, et cette splendide légende urbaine comme idée de départ.

Soit un mec, qui part pas méga bien dans la vie. Sa mère est violée par une foule de tarés dans un hôpital psychiatrique, puis meurt en lui donnant naissance. Quelques années plus tard, pas super structuré ni équilibré, Freddy Krueger décide de passer le temps en assassinant une vingtaine d'enfants à Springwood après les avoir emmenés dans une vieille chaufferie. Arrêté, il est libéré avant sa condamnation pour un souci de document non signé, mais des parents d'élèves un peu taquins encerclent sa baraque et la brûlent avec des Molotov, et lui dedans...



Il revient alors hanter les rêves des adolescents dans la Rue de l'Orme (Elm Street) en se jouant de leurs cauchemars, de manière forcément sadique. Avec sa panoplie classique : chapeau, griffes amovibles, avec un pull immonde vert et rouge, Craven ayant lu que c'était la combinaison de couleurs qui agressait le plus les yeux.

Le concept sera décliné en sept films, dont certains (le 4,5,6) seront un peu catastrophiques. Mais le 3 "Dream Warriors", avec les ados qui se liguent pour contrer le croque-mitaine, le 2 "Revenge" avec la scène du bus au début qui a terrorisé mon enfance, et le premier "Griffes de la Nuit", culte parmi les cultes, sont de vraies réussites évidemment, sans oublier le 7 Freddy sort de la nuit, sublime mise en abyme avec Robert Englund et Heather Langenkamp dans leurs propres rôles...



Enfin, la vraie grande force de la série des Freddy reste cette manière dont la terreur se disperse dans les scènes de cauchemar, la confusion saupoudrée entre celles-ci et la réalité, dans les objets les plus crétins et usuels de la vie quotidienne et du confort US capitaliste, et l'ingéniosité fascinante déployée pour les saynètes imaginées où le tueur traque et se joue de ses victimes.



Dernière dédicace, pour le premier segment, la scène où le père de Nancy qui est pourtant flic ne peut rien faire pour lui venir en aide, et l'un des premiers rôles de Johnny Depp, un peu comme K.Bacon dans Vendredi 13...A vos lecteurs DVD les amis.

dimanche 21 février 2010

To Gil with love




Pour fêter le retour dans les bacs de Gil Scott-Heron, mythe, pionnier, légende et prophète tout à la fois, avec un très bel album nommé "I'm new here", on va prendre le plaisir de recycler une fois encore son mythique "We almost lost Detroit", extrait de l'album "Bridges", ici live en Angleterre en 1990...






Et pour montrer au grand Gil (prononcer Guile et pas Gilles) qu'on lui en veut pas de nous avoir "plantés", faute d'autorisation de quitter le territoire, en 2009 à l'Alhambra, on est même prêt à glisser le morceau qui a samplé celui ci-dessus, à savoir le très beau "Browk Skin Lady" de Mos Def et Kweli, et on en remet une couche avec "Lovely Day"...peace










vendredi 19 février 2010

My crew stays on point

"I make a million bucks...every 6 months and y'all..."

jeudi 18 février 2010

Encore plus fort



C'est donc en 1986 que des créateurs zêlés et géniaux de Côte d'Ivoire ont inventé la pub Super Timor. Sans doute peu onéreuse mais originale, drôle et dynamique, elle devra marquer des années et décennies le culte des pubivores les plus fébriles. N'oubliez pas les sites perso consacrée à la "réclame" ici et ici.

Et enjoy the video, fellows


mercredi 17 février 2010

Makoun le joaillier

Bon ça suffira peut-être pas, mais que ce fut beau. Quelle praline. Et en live, à commenter, encore mieux bien sûr...

dimanche 14 février 2010

Spector, le Phil Rouge



Bon, promis je ne ferai pas ça souvent. Mais ayant récemment changé d'hébergeur, j'ai eu envie de "recycler" une de mes anciennes contributions, et de toute façon je fais ce que je veux.

Voici pourquoi Phil Spector est un génie.

D'emblée, je précise que vous ne trouverez dans ce qui va suivre aucune référence à la vie chaotique du monsieur, ses paranos ses tares et ses procès. Il a d'ailleurs été condamné pour le meurtre d'une jeune femme, récemment.

Mais bon on est là pour parler de musique. Par où commencer ? Peut-être par la fin. Phil Spector a signé son dernier opus "valable" en 1980 avec le End of century des Ramones avant de devenir une baudruche 100% tabloïds. Une fin de cycle ourlant la boucle d'une carrière au sommet, qui l'aura vu travailler avec des loustics (et des lousquettes surtout) aussi divers que Yoko Ono, les Ronettes, les Beatles, Ike et Tina Turner, et les Stones.

Savoureuse anecdote à ce sujet dans la très belle bio des "pierres qui roulent" signée par François Bon. Qui raconte la génèse, et la conception, du hit Not Fade away. Pendant les 108 secondes du morceau, c'est le bon Phil qui joue des maracas. Pas dans ce clip, bien sûr.



Phil Spector, comme tout mythe, est une fourmillière de ce genre de petites choses. Mais autant son travail avec les légendes du rock que furent, sont et resteront à jamais les Stones et les Beatles est remarquable, autant son génie le plus barré et décadent fut appliqué à la pop rutilante et psychédélique dont il est le responsable patenté.Autant de perles synonymes de Billboard, compilées dans l'indispensable coffret Back to mono (1958-1969) qu'on peut trouver en vente ici. Ou ici.



Puissance évocatrice des chiffres. Entre 1958 et 1990, les productions siglées PS sont allées se nicher à 43 reprises dans les meilleures ventes de singles aux USA. Pas un gage de qualité, certes, mais le signe tangible d'une efficacité redoutable et d'un flair sans pareil.


Grossièrement, la patte Phil Spector fut de populariser des bluettes à l'eau de rose, en leur injectant des sessions d'orchestre ahurissantes. Avec une gradation dans le chaos au fil des années, et au gré des tubes. Impossible, par exemple, de résister aux premiers sons de batterie saccadée ouvrant l'utra-tube des Ronettes, Be my baby en 1963. Et offrant l'intro sublime au film de Martin Scorsese, Mean Streets.






Difficile de résumer ici la longue liste des perles conçues par le petit bonhomme, toutes inscrites dans le légendaire Wall of Sound, marque de fabrique de l'usine à tubes Spector & Spector. KEZAKO ? Il s'agit d'un choix d'orchestrations denses et vitaminées, destinées à booster les transistors et les juke-boxes. Phil Spector réunissait des dizaines de zicos dans ses studios, les enjoignant à jouer ensemble, séparément, ajoutant comme un mille-feuille différentes couches de mélodies les unes par-dessus les autres.

Dans cette idée, la quintessence du style Spector se retrouve à mon sens dans un morceau cultissime : Then he kissed me, chanté par les Crystals en 1963 également. Une autre intro légendaire, où les notes sont scandées, une rythmique qui surgit, des voix haut perchées. Et un son monumental, qui selon la légende est né d'une erreur, comme le dub. Un technicien du studio aurait oublié de réenregistrer le morceau sur plusieurs pistes, ou un truc comme ça, ce qui donne à la chanson une "reverbe" hallucinée, et des atours compressés, amples et violents.



Et Martin Scorsese de continuer ses clins d'oeil, concoctant jusqu'au moindre détails ses bandes originales cultes, en ajoutant à la playlist des Affranchis le morceau dans son integralité.
156 secondes oniriques accompagnant son plan-séquence de fou furieux.






Cela étant, un grand nombre de spécialistes considèrent que la véritable quintessence du style Spector est d'avantage contenue dans le morceau fantasque et tout aussi exubérant, River deep mountain high d'Ike et Tina Turner. Ou au-delà de la mélodie sous acide, la voix de Tina assassine la concurrence. Ce morceau reste aujourd'hui considéré comme le dernier coup de génie d'un Spector ayant mis tous ses efforts dans un album ayant fait un flop douloureux.



Autre anecdote célèbre, Phil Spector étant aussi le responsable des succès des Righteous Brothers, dont le moelleux Unchained Melody (oui, oui, le truc de Ghost avec la scène de poterie...) Le chef-d'oeuvre des interprètes fut néanmoins un puissant You've Lost That Lovin' Feelin'.
Lors de l'enregistrement du tube, constatant que le premier couplet reposait entièrement sur la voix grave de Bill Medley, son pote Bobby Hatfield demanda à Spector ce qu'il pouvait bien faire pendant ce temps. Réponse de ce dernier : "tu peux foncer directement à la banque". Et, de fait, selon le major BMI il s'agit du morceau le plus joué à la radio au vingtième siècle !



Et je ne résiste pas à livrer un dernier avis sur un dernier tube. Dedicated to the one I love, pas top dans sa version Shirelles en 1959, a été tout simplement transcendé par les voix somptueuses des Mamas and Papas huit ans plus tard. Assez pour considérer un peu plus, même a posteriori, que Phil Spector reste un génie. Qui inspire des producteurs à la mode comme le passionnant Timbaland...


Aïe Aïe Aïe

Le morceau qui suit, violent et noisy à souhait, est un bijou qui "monte" petit à petit...Issu de la BO de Training Day. Enjoy.

samedi 13 février 2010

As sampled from #2


A l'honneur aujourd'hui de notre série de samples, un joli morceau du flûtiste Hubert Laws, tiré de l'album "Afro-Classic" (1970)





Tendez bien l'oreille, on retrouve ça dans le morceau "92-I" de Lunatic...bises



mardi 9 février 2010

Droit au Tribute

Hommage à Tribe Called Quest, Q-tip, Jay Dilla etc etc etc

lundi 8 février 2010

Le temps d'un weekend...

Retour rapide en images sur un week-end de foot, comme de tradition.

Avec d'abord le plus "frais" et ce succès de Marseille 5-1 devant Valenciennes. On va pas extrapoler, on va pas s'emballer, mais ça fait plaisir.



Et on continue avec Arsenal, qui comme chaque saison cale face aux gros et encore plus devant Diabolic Didier...



En bonus, ce chant de fans de Chelsea dans un pub, joliment intitulé "who the fuck are Man United ?"

dimanche 7 février 2010

Pot pourri

En 1994, la sublime émission de Canal+ l'Oeil du Cyclone nous concoctait un ragoût peu ragoûtant de tubes pourraves, morceaux foireux, bides éternels et clips ridicules. Ca s'appelait "le pot pourri des rossignolets" et que c'est bon d'en avoir un souvenir grâce à Google Vidéo, au point que je ne pleure plus ma VHS égarée. Faites-vous plaisir, c'est que du bonheur, promis...

vendredi 5 février 2010

Class of '87


Aujourd'hui j'ai envie de rendre hommage aux années 80, leur esthétique criarde, leurs synthétiseurs, leurs objets culturels un peu foireux mais qui ont marqué et bercé - qu'on le veuille ou non - nos enfances ou adolescences. Alors pour combien de catastrophes pénibles - Club Dorothée, François Feldman, le Heysel ou un nouveau choc pétrolier (dans le désordre), combien de petites pépites nous ont fait rêver ?

J'ai nommé en vrac Tina Turner, le Pepsi, Prince et MJ, puisqu'il faut bien reconnaitre que notre part de rêve à l'époque - sauf si on était privé de télé et de cinéma ou avec des parents très adeptes des républiques soviétiques - venait de chez l'Oncle Sam. Le skateboard, les premiers clips, les hamburgers, les gratte-ciels et les Gremlins, les Nike et les premiers émois (déjà) avec John Carpenter.

A l'époque, gamin en Corse, j'étais absolument fasciné par New York et chaque séquence de skyline, de Ghostbusters au Bûcher des Vanités en passant par Cocktail avec Tom Cruise, passait au ralenti sur le magnéto.


Aujourd'hui lorsqu'on se promène dans Manhattan on a du mal à imaginer que les années 70-80 "craignaient" dans Big Apple, et que Times Square ou d'autres zones étaient à éviter pour les touristes...

Bref, j'ai choisi aujourd'hui de faire une dédicace à ces années de faste et de stupre, de fluo et de gym tonic, de cocaïne et de rock délavé, en portant mon regard sur 87, année parfaite. Comme dit d'ailleurs RZA, rappeur et producteur du Wu-Tang Clan pour le profane, "87 that was my favorite shit"...

Pourquoi 87 donc ? Déjà parce que personnellement c'est la première année où mes souvenirs sont suffisamment solides. J'avais 7 ans et comme mes potes de classe je voulais "faire le grand" et prétendre avoir vu le film de la veille or qu'il en était rien, c'est donc en fixant longuement les photos du cinéma placé sous mon école que je me projetais dans l'univers fictionnel.

1987 en films par exemple c'est Wall Street de Oliver Stone, qui pour le coup en connait en rayon en foirades cocaïnées. Ou encore Angel Heart, Bagdad Café (cette affiche !) Les Incorruptibles, Dirty Dancing, Full Metal Jacket, le Grand Chemin, Princess Bride, les Sorcières d'Eastwick...

C'est aussi "Le Prince des ténèbres", l'un des meilleurs John Carpenter, déjà salué dans mon classement des films fantastiques, et un générique parfait...




C'est aussi - pour rester dans cette esthétique brutale années 80, le film Predator, vraie réussite marquante pour le duo Schwarzy-Mc Tiernan, dans la jungle avec une bêbête qui voit en infra-rouge et se déplace en scred'. Et cette magnifique réplique "Stick Around".




Ou enfin, le quelque peu daté aujourd'hui mais tellement violent, tellement couillu, tellement fou Robocop de Paul Verhoeven, avec ses scènes choquantes inoubliables, son scénar balèze, la musique de Basil Poledouris, oeuvre d'un génie injustement soupçonné de fascisme alors que ses films d'anticipation dépeignaient déjà les chimères de nos sociétés entre deux décennies et deux modernités. Big Up.

En musique, pour terminer, 1987 c'est au mois de mars Prince qui délivre son album double et chef d'oeuvre Sign O'the Times, à la pochette sublime et empli de tubes comme Dorothy Parker, U got the look, If I were your girlfriend, The Cross, Strange Relationship, Hot thing...un monument.




Sauf que, sauf que, la même année au mois d'août Michael Jackson lâche son Bad. S'il n'est pas mon préféré de MJ (c'est Off the Wall), s'il contient le morceau que je préfère de lui (Man in the mirror), si on a tous kiffé le clip de Scorsese pour Bad, et qu'on est beaucoup à avoir essayé la choré de Smooth Criminal, c'est bel et bien ce morceau moins connu avec Stevie Wonder, Just Good Friends, qui garde mon attention. Peut-on imaginer un morceau qui sonne plus eighties qu'un truc pareil ? Compliqué. Bises.



BONUS : En foot, 87 c'est le titre de Napoli avec Diego. Petit rappel en images.


jeudi 4 février 2010

As sampled from #1

Premier échantillon d'une série de samples connus ou pas, "In all my wildest dreams" de Joe Sample, repris par De la Soul (Dedication to the bitty, De la Soul is dead) et 2pac (Dear Mama)



In your face

On se tait, on regarde et on savoure...

mardi 2 février 2010

Ambiance Hokuto


Souhaitant tuer le temps, je me promenais avant-hier sur YouTube, pour m'esclaffer devant les fameux doublages atroces de "Ken le survivant", puis je me suis dit que ça valait bien un post, pour tenter de comprendre ce phénomène très-très marqué ado années 80...

Vous vous rappellez du (mauvais) générique ?




Si on commence par le début, Hokuto no Ken ou 北斗の拳 signifie "le Poing de la Grande Ourse" et "Fist of the North Star" version anglaise. Et comme à chaque commencement, Ken fut d'abord dès 1983 un manga, avant de se faire aspirer par la gargantuesque et omnipotente Toei Animation, qui emplissait de ses productions la quasi-totalité du temps de "cerveau" du Club Dorothée, entre deux cris insupportables des gourdes au micro ou les vannes vieille France de Corbier et ses sbires...
C'était donc, 46 ans après Pearl Harbor, une nouvelle démonstration de la force de frappe nippone, puisqu'on peut rappeler que certains dessins animés français comme Ulysse 31 étaient eux aussi réalisés par des Japonais.


Donc le dessin animé Ken - réalisé par Toyoo Ashida a été diffusé sur TF1 pendant 109 épisodes. Avec le pitch suivant : un futur apocalyptique, post-nucléaire, et quelques survivants qui se foutent sur la gueule. Et parmi eux, le secret, ténébreux et solitaire Ken qui quelques années avant 50 Cent se trimballe avec ses fameuses 7 cicatrices...Le délire est clairement inspiré de la série des Mad Max, comme l'ont assumé les auteurs.

Voici d'ailleurs les premières minutes (en VO) du premier épisode :




Bon après ça se complique grave avec les "différentes écoles" de fight, entre les Nanto Seiken, les Hokuto Sheinken, le Gento et je ne sais quoi encore. Mais là n'est pas le plus important, il s'agit surtout de capter le pourquoi du culte autour du dessin animé.

Si Ken le Survivant a autant fasciné, c'est pour deux raisons principales : son hyper-violence, très étonnante à l'époque dans un programme pour enfants. Et, aujourd'hui, avec le recul les adultes responsables et cultivés que nous sommes devenus ont "refait" un culte involontaire de cette série qui a été le parfait symbole de l'atrocité des doublages français. A l'époque, disons-le franchement, les mecs s'en battaient les couilles et faisaient du blé, au grand détriment des qualités du programme et de l'exigence des téléspectateurs.
Commençons avec la violence. Globalement, sans être un geek ou un fan absolu, on peut se souvenir que Ken consistait surtout en des têtes qui explosent, des corps qui se découpent, dans une ambiance monochrome moins violente visuellement, et la phrase culte "tu es déjà mort, mais tu ne le sais pas" qui à l'époque n'avait rien à voir avec Michael Jackson ou Lionel Jospin.





Sur ce sujet, malgré une "désaturation" des effets sanglants, on ne peut nier le côté cash pistache du bordel, et niveau sang ça égalait facile un bon Evil Dead, la dérision en moins. Et je citerai in extenso Wikipédia :
"Selon Philippe Ogouz, responsable du doublage de Ken, AB Productions achetait les dessins animés japonais en grande quantité sans être très regardant quant à leur contenu. Face aux réactions outrées d'associations familiales, les épisodes ont été de plus en plus censurés et ont reçu un doublage sans grand rapport avec la version originale très sombre, et cette forme d'édulcoration a reçu un accueil très partagé par le public."
Reste la question à l'origine de ce billet, les doublages. Où l'on retrouve Philippe Ogouz. Ce dernier explique aujourd'hui qu'en gros, le milieu du doublage français méprisait grave les dessins animés japonais. Et pour s'aligner en particulier celui-ci, considéré comme fascisant ils ont obtenu carte blanche sur les dialogues. Ce qui donne les catastrophes à voir ci-dessous, parmi d'autres...












Hardcore, hein ? Mais y'a pire, puisqu'on a noté des choses comme "Les membres de l'école Hokuto à pain étaient sous les ordres directs de l'empereur !" ou le délicieux "Est-ce que vous savez où je peux trouver Ryuga ?" "À Montélimar" qui j'avoue me fait marrer.
Enfin, impossible de revenir sur ce véritable culte sans mentionner les différentes adaptations. Dont le "film animé" de 1986 qui avait alimenté nombre de rumeurs en France sur son aspect (noir et blanc ? vrais acteurs ou dessins ?) mais surtout l'épouvantable "Fist of the North Star" réalisé en 1995 par un certain Tony Randel (Hellraiser II) et avec tout de même Melvin Van Peebles, Chris Penn et Malcolm "Alex" McDowell. Je vous laisse en savourer le trailer immonde. Bises.





BONUS : saviez-vous que Geraldo avait samplé la musique du film animé version 1986 pour le sample de l'excellent morceau Avertisseurs de Lunatic ?

lundi 1 février 2010

Souliers d'or

Retour en images sur les deux plus beaux gestes techniques du week-end, dans le foot européen. D'abord cette grande girafe idiote de Guti, qui d'un geste du talon passe pour Benzema. La première victoire du Real au Riazor depuis longtemps, un doublé pour le français grâce donc, notamment, à ce "tacon de dios"...





Le deuxième geste salué ici sera le contrôle-grand pont-but de Fletcher l'Ecossais pour le but de Burnley devant Chelsea