mercredi 24 février 2010

All nightmare long : hommage à Freddy


Commençons par la "fin" : l'idée de ce post m'est venue du remake annoncé des Griffes de la Nuit, fait par Samuel Bayer et prévu pour sortir en France le 12 mai 2010, et surtout produit par la bande à Michael Bay. Peu fan de la démarche de "reprises" initiée par ce dernier, je dois avouer que le trailer a de la gueule...



Et ça m'ennuierait presque qu'il soit alléchant ce trailer, pour plusieurs raisons. D'abord, je n'ai foncièrement rien contre les remakes quand ils se "valent" ou valent eux-mêmes quelque chose. Celui de la Colline par Aja était excellent, et celui de La dernière maison pas mal, deux films d'ailleurs siglés Craven. Je serai plus dubitatif sur ceux justement produits par Bay, entre deux "Massacre" pas trop pourris mais inutiles, et un "Friday the 13th" joyeux mais un poil putassier. Enfin, les deux "Halloween" de Rob Zombie sortent certes un peu du lot pour leur sauvagerie mais on aurait pu s'en passer aussi. Bref.

Donc pourquoi moins "Freddy" que d'autres ? C'est sans doute moi qui cabotine, comme taulier inamovible des fameuses années 80. Parce que, même si Halloween reste mon film fantastique préféré des tous les temps, "Nightmare on Elm st" est un véritable culte, pour toutes les explications qui vont suivre. Mais aussi parce que la multitude des remakes prouve avant tout que l'imagination n'a plus cours, depuis des chefs d'oeuvre comme Candyman, hormis deux-trois belles idées...

D'abord, le type derrière le projet, Wes Craven. L'homme au nom de cigarette est l'un des 4-5 mecs les plus importants de la spécialité, avec Carpenter, Shyamalan, Kiyoshi Kurosawa, pour les plus prestigieux et mes favoris. Mais le plus croustillant, sans doute ave Craven est son apport de "pionner de chaque décennie". Jugez plutôt : dans les 70's il frappe très fort avec La dernière maison et La Colline, puis dans les années 80 Les Griffes de la Nuit (en 1984), le très sous-estimé "Le sous-sol de la peur" (People under the stairs) avant de révolutionner le genre et son appréciation avec Scream en 1996. Et si le patriarche s'est souvent foiré avec des trucs comme La Créature du marais, Deadly Friend, Cursed ou Red Eye, il a posé suffisamment de jalons pour obtenir gratitude et adoration.



Et - donc - si la série des Freddy (dont Craven n'a rappelons-le réalisé que le premier et le dernier) est si précieuse, si marquante pour son époque c'est surtout dans son idée, son processus créatif et narratif, son mélange entre les peurs de l'époque, la société de consommation, les pavillons coquets de l'Amérique moyenne, et cette splendide légende urbaine comme idée de départ.

Soit un mec, qui part pas méga bien dans la vie. Sa mère est violée par une foule de tarés dans un hôpital psychiatrique, puis meurt en lui donnant naissance. Quelques années plus tard, pas super structuré ni équilibré, Freddy Krueger décide de passer le temps en assassinant une vingtaine d'enfants à Springwood après les avoir emmenés dans une vieille chaufferie. Arrêté, il est libéré avant sa condamnation pour un souci de document non signé, mais des parents d'élèves un peu taquins encerclent sa baraque et la brûlent avec des Molotov, et lui dedans...



Il revient alors hanter les rêves des adolescents dans la Rue de l'Orme (Elm Street) en se jouant de leurs cauchemars, de manière forcément sadique. Avec sa panoplie classique : chapeau, griffes amovibles, avec un pull immonde vert et rouge, Craven ayant lu que c'était la combinaison de couleurs qui agressait le plus les yeux.

Le concept sera décliné en sept films, dont certains (le 4,5,6) seront un peu catastrophiques. Mais le 3 "Dream Warriors", avec les ados qui se liguent pour contrer le croque-mitaine, le 2 "Revenge" avec la scène du bus au début qui a terrorisé mon enfance, et le premier "Griffes de la Nuit", culte parmi les cultes, sont de vraies réussites évidemment, sans oublier le 7 Freddy sort de la nuit, sublime mise en abyme avec Robert Englund et Heather Langenkamp dans leurs propres rôles...



Enfin, la vraie grande force de la série des Freddy reste cette manière dont la terreur se disperse dans les scènes de cauchemar, la confusion saupoudrée entre celles-ci et la réalité, dans les objets les plus crétins et usuels de la vie quotidienne et du confort US capitaliste, et l'ingéniosité fascinante déployée pour les saynètes imaginées où le tueur traque et se joue de ses victimes.



Dernière dédicace, pour le premier segment, la scène où le père de Nancy qui est pourtant flic ne peut rien faire pour lui venir en aide, et l'un des premiers rôles de Johnny Depp, un peu comme K.Bacon dans Vendredi 13...A vos lecteurs DVD les amis.

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