mardi 2 février 2010

Ambiance Hokuto


Souhaitant tuer le temps, je me promenais avant-hier sur YouTube, pour m'esclaffer devant les fameux doublages atroces de "Ken le survivant", puis je me suis dit que ça valait bien un post, pour tenter de comprendre ce phénomène très-très marqué ado années 80...

Vous vous rappellez du (mauvais) générique ?




Si on commence par le début, Hokuto no Ken ou 北斗の拳 signifie "le Poing de la Grande Ourse" et "Fist of the North Star" version anglaise. Et comme à chaque commencement, Ken fut d'abord dès 1983 un manga, avant de se faire aspirer par la gargantuesque et omnipotente Toei Animation, qui emplissait de ses productions la quasi-totalité du temps de "cerveau" du Club Dorothée, entre deux cris insupportables des gourdes au micro ou les vannes vieille France de Corbier et ses sbires...
C'était donc, 46 ans après Pearl Harbor, une nouvelle démonstration de la force de frappe nippone, puisqu'on peut rappeler que certains dessins animés français comme Ulysse 31 étaient eux aussi réalisés par des Japonais.


Donc le dessin animé Ken - réalisé par Toyoo Ashida a été diffusé sur TF1 pendant 109 épisodes. Avec le pitch suivant : un futur apocalyptique, post-nucléaire, et quelques survivants qui se foutent sur la gueule. Et parmi eux, le secret, ténébreux et solitaire Ken qui quelques années avant 50 Cent se trimballe avec ses fameuses 7 cicatrices...Le délire est clairement inspiré de la série des Mad Max, comme l'ont assumé les auteurs.

Voici d'ailleurs les premières minutes (en VO) du premier épisode :




Bon après ça se complique grave avec les "différentes écoles" de fight, entre les Nanto Seiken, les Hokuto Sheinken, le Gento et je ne sais quoi encore. Mais là n'est pas le plus important, il s'agit surtout de capter le pourquoi du culte autour du dessin animé.

Si Ken le Survivant a autant fasciné, c'est pour deux raisons principales : son hyper-violence, très étonnante à l'époque dans un programme pour enfants. Et, aujourd'hui, avec le recul les adultes responsables et cultivés que nous sommes devenus ont "refait" un culte involontaire de cette série qui a été le parfait symbole de l'atrocité des doublages français. A l'époque, disons-le franchement, les mecs s'en battaient les couilles et faisaient du blé, au grand détriment des qualités du programme et de l'exigence des téléspectateurs.
Commençons avec la violence. Globalement, sans être un geek ou un fan absolu, on peut se souvenir que Ken consistait surtout en des têtes qui explosent, des corps qui se découpent, dans une ambiance monochrome moins violente visuellement, et la phrase culte "tu es déjà mort, mais tu ne le sais pas" qui à l'époque n'avait rien à voir avec Michael Jackson ou Lionel Jospin.





Sur ce sujet, malgré une "désaturation" des effets sanglants, on ne peut nier le côté cash pistache du bordel, et niveau sang ça égalait facile un bon Evil Dead, la dérision en moins. Et je citerai in extenso Wikipédia :
"Selon Philippe Ogouz, responsable du doublage de Ken, AB Productions achetait les dessins animés japonais en grande quantité sans être très regardant quant à leur contenu. Face aux réactions outrées d'associations familiales, les épisodes ont été de plus en plus censurés et ont reçu un doublage sans grand rapport avec la version originale très sombre, et cette forme d'édulcoration a reçu un accueil très partagé par le public."
Reste la question à l'origine de ce billet, les doublages. Où l'on retrouve Philippe Ogouz. Ce dernier explique aujourd'hui qu'en gros, le milieu du doublage français méprisait grave les dessins animés japonais. Et pour s'aligner en particulier celui-ci, considéré comme fascisant ils ont obtenu carte blanche sur les dialogues. Ce qui donne les catastrophes à voir ci-dessous, parmi d'autres...












Hardcore, hein ? Mais y'a pire, puisqu'on a noté des choses comme "Les membres de l'école Hokuto à pain étaient sous les ordres directs de l'empereur !" ou le délicieux "Est-ce que vous savez où je peux trouver Ryuga ?" "À Montélimar" qui j'avoue me fait marrer.
Enfin, impossible de revenir sur ce véritable culte sans mentionner les différentes adaptations. Dont le "film animé" de 1986 qui avait alimenté nombre de rumeurs en France sur son aspect (noir et blanc ? vrais acteurs ou dessins ?) mais surtout l'épouvantable "Fist of the North Star" réalisé en 1995 par un certain Tony Randel (Hellraiser II) et avec tout de même Melvin Van Peebles, Chris Penn et Malcolm "Alex" McDowell. Je vous laisse en savourer le trailer immonde. Bises.





BONUS : saviez-vous que Geraldo avait samplé la musique du film animé version 1986 pour le sample de l'excellent morceau Avertisseurs de Lunatic ?

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