lundi 1 mars 2010

Soirée Hatem


Evidemment, la première envie c'est de parader, de chanter, de bomber le torse en assènant autant de cruelles vérités...Mais le "clasico" entre Paris et Marseille n'a plus guère d'intérêt ni de sens sportif, battu en neige qu'il est par des habitudes médiatiques et ancestrales. On est bien loin des années 90 et des duels Denisot-Tapie, des fights Ginola-Germain-Di Meco, des buts de Boli ou autres petites pépites.

Et si la fin des années 90-début 2000 nous a offert quelques victoires épiques et soirées savoureuses, les héros de ces soirs-là se nommant dans le désordre Ronaldinho, Ribéry, Lorik Cana ou...Fiorèse, soyons honnêtes hormis la très belle victoire à Paris de la bande à Ti'Franck (2006), la taule monumentale subie par l'OM chez lui la saison passée (2-4) et la victoire pleine de patate des Marseillais au Parc - déjà - en mars 2009, on est loin des grands soirs, ce clasico devenant à l'occasion un "chiantico" sévère.

Ce qui nous ramène au match d'hier soir. Si on a du mal à danser sur la dépouille du club de la capitale, c'est d'une part pour le contexte : Marseille est une belle équipe performante, et Paris un club malade. Que le premier l'emporte relève simplement d'une forme de logique. En cela, la victoire olympienne si forte soit-elle symboliquement, n'a en rien pris les atours d'un beau match ou d'une partie spectaculaire.




Et sans jouer les vierges effarouchées, commenter ou regarder un match dans une telle tension est très désagréable.
Le dernier quart d'heure, après le beau but de Cheyrou-qui-sera-du-voyage-en-Afsud, c'était provoc' et défi entre Boulogne et les CRS, et je ne parle même pas des rixes d'avant-match, les supporters parisiens même en l'absence de Marseillais, réussissant à se bastonner entre eux pour un spectacle désolant et gravissime. On a inventé le seul club au monde, peu ou prou, dont les fans en viennent à se frapper, faute de deux grands clubs dans une capitale comme en Italie, faute d'un grand club tout court, faute d'un club.

On se tourne alors d'avantage vers les points positifs de la soirée, évidemment le fait que ça aurait pu dégénerer bien pire, malgré le mec dans le coma, sachant que la fin de saison sera fatalement triste. Et côté Marseillais, puisque les stats flambent (3e clasico gagné à Paris en cinq matches, 4e victoire de suite en L1, 4e place à 3 pts des premiers) on retient surtout ce premier but de la soirée, signé Hatem Ben Arfa.

Après avoir fait jaser en 2008 lors de son transfert, 11 millions d'euros, l'ex-éternel prodige du foot français est devenu un casse-tête pour ses coachs successifs, un casse-couilles sans doute par moments, et un sujet de discussion sur tous les comptoirs de la planète foot. On ne comptait alors plus les sujets, les éditoriaux, les sifflets, et tout ça sentait bon le départ au mercato, pour un club turc ou grec, et un échec douloureux. Alors certes, Ben Arfa n'a pas claqué un triplé en demi-finale de C1 face au Barça mais son énergie, son retour en grâce, ses buts depuis quelques semaines, ses titularisations devraient ravir le moindre amateur de foot...Ciao.

3 commentaires:

  1. Naaaaaannnn pas toi ..... Perso je l'ai trouvé bof,un très beau but certes mais dans le jeu pas grand chose au contraire de Cheyrou, énorme comme souvent et qui va enfin avoir sa chance avec la bande à Raymondo.

    Bémol par contre sur "On a inventé le seul club au monde, peu ou prou, dont les fans en viennent à se frapper".
    Certes chez nous ca vire au pathétique et encore je suis gentil, mais j'ai souvenir de la même chose dans votre virage sud pas plus tard que la saison dernière. Malheureusement, et même si on détient haut la main la palme d'or de "l'imbécilité tribunistique", la bêtise est partagée, et le pire est à venir avec la finale de la coupe de la ligue qui devrait bien puer la mort aux alentours du SDF ...

    Féfégnon

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  2. Je n'ai pas dit que Ben Arfa avait fait un gros match, j'ai relevé le bonheur de le voir retrouver ses sensations et revenir en forme malgré les derniers mois. Et sur les "supporters" parisiens, je ne cherche pas à comparer les fans des deux camps ou décerner des primes d'intelligence, juste constater que ce problème endémique est grave et ridicule.

    Sur tout le reste, I'm your man.

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  3. T'as vu que la pravda magazine t'avais pompé ton titre pour légender une photo ce we ... Fais cracher des droits d'auteur !

    Féfégnon

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