mercredi 19 mai 2010

Bilan, perspectives

Les championnats de foot du Vieux Continent sont désormais terminés, vous n'échapperez évidemment pas à un billet "bilan" sur les enseignements et réalités du ballon rond européen...
Moteur, action.

France : Ricard, Chablis et polémiques

Etrange, la fin de saison en Ligue 1. Entre un parcours bordelais soi-disant faussé par les témoignages d'affection de la FFF à Laurent Blanc, quand les maux semblaient pourtant plus anciens et plus profonds, et la mouise de Lillois qui auront sans hésitation pratiqué le plus beau jeu français de l'année, on oscillait entre la joie légitime pour les Marseillais et le goût bizarre du truc qui foire un peu.

Sur Bordeaux, qu'on soit fan ou pas, difficile de ne pas relever l'inouïe catastrophe de la deuxième partie du championnat. Les Brésiliens, Chalmé et certains autres auraient-ils trop abusé lors des fêtes ? pensaient-ils que le championnat était déjà joué ? les matchs ratés par Ciani, pourtant ex-recrue de l'année, face aux Espagnols ou Lyon ont-ils conditionné la suite ? Entre ça, l'imbroglio Blanc, ces salauds de médias évidemment, la méforme de Gourcuff à l'entrée de l'hiver, les blessures et une incroyable mouise face au but lorsque tout semblait entrer auparavant, 2010 fut une véritable année horribilis pour les Girondins. Sans Europe, sans avenir défini, et sans Chamakh, salué comme il se doit pour son implication sur plusieurs saisons.

Pas besoin d'en remettre une couche sur Marseille, dont le titre fut vécu en direct par votre serviteur et salué dans ces mêmes colonnes. On pestera donc en faveur des Lillois, qui méritaient largement la "Champions" pour leurs nombreux efforts, leurs matchs-référence, et leur jeu à petites touches et petits espaces, relevé par le mirifique duo Gervinho-Hazard. Peut-être une prochaine fois. Concernant Auxerre, on a enfin retrouvé le bon vieux public français et les 60 millions de râleurs - plutôt calmes cette saison au regard de la belle qualité du championnat - prompts à s'exciter sur la présence des Bourguignons en C1 l'an prochain.

Et pourquoi pas ? Au-delà de la rélle indigence du contenu de son jeu par moments, Auxerre n'a beau pas être sexy avec des trognes comme Jelen ou Pedretti, ça défend solide et serein, ça marque des buts, et ça mérite d'y aller. En tous cas pas moins que Toulouse, explosé par Liverpool l'an passé, ou Guingamp, dynamité par l'Inter Milan au Roudourou en 97...Et ça reste, ne l'oublions pas, le meilleur moyen d'aller mater de la Champions League à 1h45 de Paris, avec chablis et petits fours dans le cornet.

Pas grand-chose à raconter sur le reste, on a bien aimé les réactions d'orgueil chez les promus de Ljuboja, Thil et du jeune coach manceau Arnaud Cormier. Chez les joueurs, on retiendra les saisons, en vrac, de Lucho Gonzalez, Kevin Gameiro, Yohan Cabaye, Anthony Le Tallec, Eden Hazard, Issar Dia, qu'on aimerait tous pécho à l'OM l'an prochain...




Enfin, rien de nouveau sous le soleil du PSG. On pisserait dans un violon en fustigeant les débordements de supporters, ou en chargeant le club et les pouvoirs publics considérant que ce problème est par nature imprévisible, presque insoluble, qu'il dépend des capacités cérébrales de gens perdus pour la science, et en partie des résultats du club. Il ne faut pas oublier que cela donne lieu à des images saisissantes de violence, à un piètre spectacle pouvant conduire à la mort, et à une ambiance toujours plus puante autour du Parc, pour le simple passant, la famille en goguette voire le journaliste venu simplement faire son taf.

Sur les résultats, il suffirait sans doute pour la première fois depuis 1994 que le club affiche des objectifs modestes en début de saison, pour ne pas alimenter les fameuses "crises du PSG", devenues un marronnier. J'ai beau ne pas être fan du club, Paris et le Parc méritent mieux. Comme en témoignent ces étonnantes images, soulignées par mon ami Tertulia Sporting Club, en tribune Auteuil lors du match face à Montpellier...




Angleterre : implacable machine

Bah, après tout...Chez Honky on préferera toujours Liverpool, voire Manchester United pour son lot de légendes (Keane, Giggs, Rooney) à Chelsea, sorte de quintessence du foot business clinquant des années 2000. Mais rien à dire, ou presque, sur la saison mammouth des Blues, l'extraordinaire Drogba, les très bons Flo et Nico, les scores-fleuve. Manque une Ligue des Champions, maintenant. Mais tout sauf un scandale. La faillite de Liverpool est bien plus problématique et difficile à vivre. Et chapeau, encore une fois, à Wayne Rooney, pour une saison hors du commun.



Espagne et Italie : usines à trophées

En Liga, on se dit limite que l'événement de l'année restera l'élimination du Barça par l'Inter en Ligue des Champions, renvoyant aux orties les panégyriques sur "l'équipe du millénaire" et ce si beau jeu, légitimement loué la saison passée. Mais bon sans Iniesta la plupart du temps, avec le pseudo-psychodrame Henry, et dans la foulée du "hold-up du siècle", toujours mal digéré au Camp Nou, le départ d'Eto'o PLUS 45 millions (on a toujours du mal à y croire) pour un Zlatan qu'on adore, mais qui a un relativement foiré ses débuts.

Merci donc à l'Inter d'avoir enfin donné des migraines à Guardiola sur la manière de contrer le feu latin des Catalans, merci à Barcelone et à un Real honni ici mais souvent énorme, d'avoir fait durer le suspense jusqu'au bout, et difficile de se quitter sans revoir des extraits de la saison de l'extra-terrestre Léo Messi.



Enfin, l'Inter justement, qui comme Barcelone a chopé un nouveau titre presque comme à l'entraînement, décontracté du protège-tibia, grâce au meilleur coach du monde et qui mériterait aisément de remporter la "Champions". Chez Honky on l'a déjà dit, on préfère le Milan AC et surtout la Roma, mais entre Mourinho, la réussite insolente des transferts (Eto'O, Milito, Lucio, Sneijder et Thiago Motta) on est forcé de s'incliner. Et on regardera dépité la très belle saison réussie par le "nouveau Francescoli"

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