jeudi 6 mai 2010

Les Seigneurs

"Y'a rien là ?" Aaah même presque 48h plus tard, c'est toujours aussi bon. Il parait que plastronner avant c'est idiot et risqué, et plastronner longtemps après c'est idiot et pénible, donc autant en profiter et plastronner pendant.

Beaucoup de choses ont déjà été dites et écrites sur ce titre de l'Olympique de Marseille, et s'il suscite une sorte d'adhésion respectueuse, c'est tout simplement parce qu'il est beau, propre, logique, et à 3 journées de la fin forcément mérité.

Pour la première fois donc depuis 1992, on a eu 9 kilomètres de bouchons à l'entrée de la ville trois heures avant le match, un feu d'artifice installé sur les projecteurs géants, une communion intense du Vélodrome, et un festival de morceaux épiques et frissonnants à la fin du match : "We are the champions" répondait à "Jump" de Van Halen, qui lui-même se superposait à l'hymne de la Ligue des Champions (heureusement d'ailleurs que le "DJ" s'est arrêté là, on aurait pu aller jusqu'à Charly et Lulu, Boli et Waddle, ou Magic System)





J'ai pas spécialement envie de revenir sur le match, dont on s'est rapidement branlé pour parler du titre (une heure après je savais - sincèrement - plus qui était l'adversaire), et qui n'aura pas (les notes de l'Equipe ont rarement dépassé 5) été un sommet technique, loin de là. On retiendra les comportements de Heinze et Lucho, le courage de captain Niang, la bonne entrée de Ben Arfa, et puis bien évidemment l'ambiance de furieux qui aura suinté du stade, d'une heure avant sous la flotte et torse nu (11 degrés, un putain de temps de breton) aux chants qui n'auront pas baissé d'un octave pendant 90 minutes, à la banderole dédié à DD "entraineur ou joueur, tu fais notre bonheur", qui a ému - visiblement - l'intéressé...







C'est d'avantage la saison qui aura nos attentions, parcours tendu et enlevé comme un conte de fées à tiroirs, les premiers matches peu convaincants, la blessure de Lucho et Deschamps qui essuient les premières critiques du microcosme. Mais aussi la douloureuse Ligue des Champions, où l'équipe volera en éclats faute d'avoir déjà construit une assise défensive et collective solide. Reste ce match à Milan (1-1), ou Marseille a retrouvé un comportement européen un soir d'hiver.

Et puis le passage en 2010, comme une gigantesque heure d'été qui illumine la Commanderie, et une palanquée de victoires-référence, à Monaco, face à Lyon, et toutes les petites autres, et la Coupe de la Ligue où un groupe était définitivement né. Sans oublier, enfin, les petites histoires personnelles, de Valbuena à Morientes en passant par Deschamps lui-même, choisi par Diouf et finalement adoubé par le public comme héros définitif de la ville.

Seul petit regret, le boulot qui aura imposé un tryptique Vélodrome-ordinateur-hôtel sans en passer par la case Vieux Port, et même s'il ne s'agissait que de mecs en survêtement bourrés qui se jetaient dans l'eau crasseuse, on aurait aimé faire un peu plus partie de ce moment d'histoire, dont on pourra dire "j'étais là"...

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