mercredi 7 juillet 2010

DNCG + SCB = CFA



La formule ci-dessus n'emprunte hélas pas son contour à une quelconque équation mathématique. Mais bel et bien à une actualité tristounette en provenance de l'Ile de Beauté. Le Sporting Club de Bastia, équipe qui a façonné mon amour du foot, de l'ambiance "particulière" de stades, et produit mes premiers émois adolescents, se retrouve rétrogradé en CFA, après une descente en National, n'ayant apparemment pu réunir les fonds nécéssaires pour survivre, même à ce piètre niveau de Division 3.

Plus précisément, malgré de nombreuses subventions dont a fait part le club corse : une de la part de la Collectivité territoriale de Corse, qui s'élevait à 800 000 euros, et une autre du conseil général de Haute-Corse à hauteur de 150 000 euros, pour combler le déficit de 1,2 million d'euros.

Qu'on se comprenne bien, je ne viens ici armé de sentiments populistes pour attaquer ces "pirates" de la DNCG, de la Fédé, de la Ligue etc etc...Et, plus important, je tends à considérer que la série de descente(s) du club est plutôt méritée, lorsque on observe des critères aussi implacables que les résultats sportifs, le budget, l'affluence, le projet, autant de voyants dans le rouge depuis plusieurs années, sans oublier ce qui n'arrange rien les histoires d'argent ou de "faits divers" après des injures racistes ou bastons, qui terminent de dessiner une ambiance peu riante du côté de Furiani...



Non ce billet me sert surtout à exprimer une vraie nostalgie, celle de la fin des années 90, en vrac des retrouvailles de la Ligue 1, des sandwiches au figatellu, des bombes agricoles, des tribunes pleines, du stade vétuste, des bastons dans les vestiaires, des attentats sur le terrain, de la furia qui faisait remporter des matches face aux gros en direct sur Canal, de Fred Antonetti, Bruno Valencony, Lubo Moravcik, Anto Drobjnak, Stéphane Ziani, RCFM, France 3 Corse, et les visites apeurées rasant les murs des équipes de Téléfoot une fois l'an...





Alors bien sûr cette période n'est pas que reluisante, le club et le foot corse en général n'auront su au fil du temps se débarasser de leurs (nombreux) démons, et nombre de ces caractéristiques étonnantes nous couvraient des clichés : les bagarres, les menaces, les tribunes bouillantes où très peu de supporters adverses venaient se risquer. Mais en bon Corse, je me sens le devoir de pleurer ce temps béni où deux clubs corses flirtaient avec l'élite, pour des derby passionnés à défaut d'être passionnants...








Sans oublier non plus que grâce à certains bijoux sur le terrain (Ziani, Drobnjak, Rodriguez, Née, André, Moravcik, Essien et d'autres) le club est tout de même parvenu, avec ses moyens limités, à terminer 7e en 97, 8e en 2001, avant une 19e place et une descente en 2005. On ne pensait pas que celle-ci en amènerait d'autres. Et aujourd'hui on n'a pas d'autre choix que de regarder un peu plus qu'avant sur un passé presque glorieux...