mardi 26 octobre 2010

lundi 25 octobre 2010

Cool Ruler


Bah on était déjà pas franchement ravis de la mort de Solomon Burke, au point de laisser les autres blogs faire bien mieux le petit post hommage qu'on aurait pu bâcler pour la forme, mais avec Gregory Isaacs c'est une certaine idée du reggae lover qui nous abandonne, de l'album culte Night Nurse à sa reprise sublime de House of the rising sun, entendue entre autres dans l'oubliable film Raï de Thomas Gilou, avec Tabatha Cash en civil mais nue quand même...



Greg Isaacs c'était du cool, du détendu, du sexuel depuis le départ et un hit baptisé "Another Heartache" en 1968...de quoi lancer une carrière et une réputation de ladies'man et de libidineux enfumé pour la vie...



Ce serait oublier néanmoins la qualité de son grain de voix, sa popularité et sa propension frénétique à sortir des albums à partir des années 70, sur son label African Museum...avec des chansons d'amour come Sinner Man, ou My only lover ou surtout un Mr Cop troussé à quatre mains avec le légendaire Lee Scratch Perry...



Surnommé "The Cool Ruler", "Dapper Slapper" ou "Jah Tooth" (sans oublier le moins chantant "Hitler", lié à un supposé autoritarisme avec ses collaborateurs) il sortira ses meilleurs disques entre la fin des 70's et le début des années 80...soit Cool Ruler, Soon Forward, Lonely Lover et More Gregory, chaque année entre 1978 et 1981...

Mais le "vrai" chef d'oeuvre selon observateurs, puristes, érotomanes et cultivateurs, reste Night Nurse, livré en 1982. Le morceau-titre est parfait (repris plus tard par...Simply Red, on ne rit pas), mais aussi "Stranger in town", "Hot stepper"...tout s'enchaîne comme un pain d'épices au miel trempé dans le chocolat chaud. Mais Material Man reste mon track favori, car sans doute le mieux produit...





On peut réécouter le disque ici sur Deezer...

Après cet album, c'est un peu la (très) longue traversée du sable mouvant, avec un passage prison pour arme à feu, des soucis de drogue (tiens donc) qui abîment son organe-outil de travail, et une palanquée de best of, greatest hits et autres anthologies produites avec trois francs six sous vendues bon marché sur les braderies de par le Monde...et pour Isaacs pas de Massive Attack pour le rattraper par la tendance, comme les Bristoliens l'avaient fait avec le falsetto Horace Andy...




Tout juste eût-on des news de Greg, parmi les dernières certainement, dans l'inégal docu de Jérôme Lapperousaz, Made in Jamaica, où il chantait Kingston 14 dans une mise en scène en pleine rue. Que le Cool Ruler rest in peace.

samedi 9 octobre 2010

Un nouveau Top pour Toi

Ca devait arriver. Après avoir listé mes films d'horreur favoris, mes morceaux de rap US préferés, et un best of des prods de DJ Premier, voici un nouveau classement qui concerne cette fois des albums ricains de hip-hop. Alors pour savoir si c'était vraiment "mieux avant", ou si ma mauvaise foi jaillit de nouveau, suivez la flèche.

15. KRS-One, "Criminal Minded" (1987)

Bon je triche un peu hein, c'est Boogie Down Productions, mais le KRS reste le pilier du crew, et une légende vivante...46 minutes, conconctées avec le désormais célèbre et célèbré Scott LaRock, et des brûlots ultimes comme South Bronx, Dope Beat, ou évidemment The Bridge is over, qui résonnent encore dans ta tête...




14. Outkast, "Aquemini" (1998)

Difficile d'en choisir un, mais il fallait forcément du Kast dans ce classement. Deux personnalités, un art novateur, un son délicieusement dirty south funk, et autant de disques pour la postérité qui ont à leur niveau révolutionné l'industrie hip-hop...Leur 3e, Aquemini, de la pochette à la dernière seconde, est gonflé, vitaminé, original, et dansant. Parmi les tubes, Rosa Parks, Aquemini, SpottieOttieDopaliscious, et les pistes avec "the ruler" Slick Rick...




13. Common, "Like water for chocolate" (2000)

Une splendeur. Après plusieurs albums presque confidentiels mais de très haut niveau d'écriture, et des beats sous influence soulquarians, Common pose un pied doré dans la cour des grands avec cet album fabuleux, magnifique jusqu'à sa pochette, majoritairement produit par Jay Dee, Questlove, D'Angelo, avec des mélodies planantes, souvent instrumentales, rendant hommage à Fela et d'autres, et des morceaux aussi différents que 6th sense avec Primo, et Cold Blooded pour un son très "Slum Village" pour le coup...




12. Dr Dre, "Chronic 2001" (1999)

Qu'en dire de plus ? Cet album sorti à l'aube des années 2000 malgré un titre trompeur trimballe avec lui une vraie légende. C'est la quintessence inouïe du style Dre, basses survitaminées, invités prestigieux et casting parfait, tubes génialement produits, lyrics immatures et machistes, Eminem, Snoop et Nate Dogg à leur sommet, et une pelletée de hits comme What's The Difference, The Next episode, Fuck You, The Watcher, le sublime Still D.R.E. et son sample de Scarface, mais mon préféré reste Xxplosive...




11. Notorious BIG, "Ready To Die" (1994)

Celui que je considère comme le meilleur de tous les temps, pour sa gouaille, son charisme, ses choix musicaux, et le culte ayant entouré sa mort brutale, devait lui aussi apparaître ici...Cet album où il explose s'écoute étrangement aujourd'hui, un peu vieillot, un peu sombre, presque underground parfois, mais les titres comme Big Poppa restent imparables, en soirée ou ailleurs, et les autres comme Gimme The Loot, The What, et Machine gun funk passent tout seuls...




10. Mobb Deep, "The Infamous" (1995)

Présence obligatoire également, ne serait-ce que pour le crépusculaire et jamais démodé Shook Ones part II, cet album a crée un buzz monstrueux à l'époque, fondateur de la "east coast renaissance", même sa pochette avec les trognes de Prodigy et Havoc méchants en gros plan, et le plan large avec Timberland apparentes au verso...Un machin produit sans trop d'argent, suffisamment sombre et terre-à-terre pour que l'écoute intégrale soit comme avaler un bol de bromure, mais une vraie déflagration...




9. Slick Rick "The art of storytelling" (1999)

"The Ruler", à l'oeil caché par un bandeau et au flow british si particulier, est une star aux USA, mais ce dernier n'a jamais obtenu le succès qu'il mériterait hors du territoire américain, voire une reconnaissance commerciale sur place bien qu'il soit régulièrement invité sur des albums récents comme l'un des piliers du mouvement. Si son premier album en 1988 contenait ses tubes les plus cultes, ce disque superbe dont la pochette le représente écrivant de nuit avec une plume à l'ancienne, reste son chef d'oeuvre.




8. 2pac "All Eyez on me" (1996)

Comme tous les ados, à l'époque je pensais que Pac était bien meilleur que BIG, et j'ai acheté et écouté à fond cet album culte jusqu'à épuisement. Aujourd'hui sa force n'est pas la même, malgré la légende, mais il était gonflé à l'époque de faire un double album qui tienne la route, et celui-ci reste d'excellente qualité. 2 of Americaz most wanted, Can't C Me avec George Clinton, Tradin War Stories, Picture me rollin, How do you want it, Life goes on, Only God...les pistes s'enchainent comme autant de perles. Et ma préférée, ambiance smooth, reste le remix de California Love




7. Jay-Z "Reasonable doubt" (1996)

Avec All Eyez donc, ATLiens de Outkast et IronMan de Ghostface, 1996 reste un excellent cru, et Jay-Z devenu depuis le parrain du business, tient ici une vraie oeuvre d'art. Ce disque s'écoute 14 ans plus tard toujours aussi bien, des tubes Ain't no nigga, Feelin'it, Can't knock the Hustle avec Mary J Blige ou le rigolo Brooklyn's finest avec BIG, et l'un des plus somptueux morceaux de tous les temps, Dead presidents 2, avec ce sample de Nas qui a lancé le juteux beef entre les deux rappeurs new-yorkais...





Avec en bonus la conception du truc





6. Slum Village, "Fantastic Vol.2" (2000)

Sans doute le plus récent des albums choisis par mes soins, celui qui m'a laissé la plus grosse claque certainement. Téléchargé presque par hasard selon un buzz favorable, et les conseils de mon père, j'ai rapidement compris que on tenait là un truc inédit, futuriste, original. La mort de Jay Dee, pièce maîtresse de ce disque, rajoute un peu de culte à l'ensemble.

J'ai écouté cet album 800 fois environ, acheté puis racheté en "galette" neuve, le matin, le soir, la nuit, dans le bus, la voiture, en bonne compagnie, à la plage, partout. Jusqu'aux pistes 11-12, le disque est juste parfait, même si la démarche s'essouffle un tantinet ensuite. Les productions, presque trip-hop, sont merveilleuses, les invités comme D'Angelo, Busta Rhymes, Q-Tip ou Kurupt sont remarquablement choisis, et les tracks sonnent aujourd'hui comme le meilleur du style Dilla...








5. Nas, "Illmatic" (1994)

On passe maintenant des disques cultes aux mythes urbains et artistiques. Faites l'expérience si vous en avez l'occasion, même si longtemps après, écouter Illmatic dans les rues de New York est toujours aussi puissant. Peu de pistes, mais l'explosion d'un artiste si doué pour l'écriture, le quotidien sombre de Queensbridge, les productions dont certaines signées Qtip (One love) ou Primo (Represent) et des morceaux tous restés légendaires...Si vous ne connaissez pas, à écouter ou acheter sans attendre. "cause you never know, when you gonna go"...





4. A Tribe Called Quest, "The low end theory" (1991 !)

Le scandale aurait été que mon groupe favori de la discipline ne figure pas en bonne place dans ce panthéon tout personnel. Tribe possède tellement de qualités, et a créé ce son tellement unique, qu'il est sans démagogie difficile d'extraire un album de cet ensemble protéiforme et délicat. Deuxième album, pochette Zulu Nation à souhait, homogéneité des morceaux, pas une ride malgré le poids des ans, la complémentarité magique entre Phife et Tip, et une série de titres aux allures de best of prémonitoire, comme Check The Rhyme, Jazz, Scenario, Buggin' out et son sample jouissif de Jack DeJohnette. Et un morceau magique, What avec Q-Tip au top de sa forme...




3. Wu-Tang Clan, "Enter the Wu-Tang (36 chambers)" (1993)

Si Infamous était une déflagration, ce disque historique est arrivé dans l'underground new-yorkais comme une lampée de napalm à l'automne 1993, dans un climat tendu de post-Golfe, dépression et nouveau choc pétrolier. Sortis de l'ombre de Staten Island, neuf MC's enfumés et la rage aux tripes sortent peu à peu plusieurs titres lugubres et tapageurs, comme Protect Ya Neck, C.R.E.A.M (à voir dans le très bon docu sur le groupe sorti il y a deux ans) superbement produits par RZA sur des samples de soul poisseux, et New York retrouve une patate violente face au g-funk de l'Ouest. Un mythe, une bombe, un album absolument parfait, que même le pourtant magnifique Forever, quatre ans plus tard, ne parviendra à égaler...








2. Dr Dre, "The Chronic" (1992)

S'il ne tenait qu'à moi, j'aurais foutu ce maudit skeud en tête, comme je l'ai fait avec G Thang pour mes morceaux préférés, mais la portée politique et historique du disque que j'ai mis finalement en 1 ne souffre aucune contestation.
The Chronic est d'une beauté fascinante, introductif au raz-de-marée artistique et créatif que Dr.Dre va impulser par la suite depuis Los Angeles, qu'il s'agisse de Snoop, Eminem, 50 cent, Dogg Pound et tous les autres. Encore plus que le corrompu et éphèmère label Death Row, Dre depuis NWA et jusqu'à The Game récemment, porte sur ses épaules ce style si particulier, reconnaissable entre mille, qui divise puisque généralement on déteste ou on adore.

Une basse surgonflée, une ligne stridente, une ambiance de Hennessy et de gros blunts, des histoires de bitches et hustlaz, et la confirmation d'immenses talents de producteur pour André Cruz. 18 ans après, aux USA, les lycéens cailleras et bourges continuent dans une étrange unité à fredonner des hymnes à la défonce et au dance floor au langage si fleuri que Let me ride, Deez nuts, ou le sublissime "Ain't nuthing but a G thang", baby !













1. Public Enemy, "It takes a nation of millions...(1988)"

On touche au but, et on pourrait presque consacrer un post entier, voire plusieurs, à cet album-là. Je l'ai tellement écouté que le boitier est pété des deux côtés, la pochette ne tient plus, les rayures sont plus prononcées. Accusé de tous les maux dès la fin des années 80, comme du racisme anti-blanc ou de l'antisémitisme, groupe insaisissable, sans concession, militant assumé pour le black power et contre les restes de discrimination à travers les états du Sud (lire pour cela l'incroyable anthologie du hip-hop de Jeff Chang, Can't stop Won't stop qui consacre un chapitre à PE), Public Enemy reste sans doute le pilier du hip-hop le plus connu, le plus sulfureux, et le plus respecté.

Il s'agit également d'un deuxième album (un signe ?) qui pour info a terminé 48e du prestigieux classement de Rolling Stone des "500 albums de tous les temps". 57 minutes 51 secondes de rage brûlante, de discours militants, de soul acide...jamais sans doute le bagout à voix grave de Chuck D. et la faconde nasillarde de Flav n'ont été aussi complémentaires, et revendicatifs. Funk crade, références à James Dean, aux Beastie Boys, aux Smiths, à Farrakhan, des samples venus de partout, de Bobby Byrd à James Brown, en passant par Kurtis Blow ou Malcolm X, c'est un joyeux et sombre pamphlet que le groupe de Long Island sort cette année-là, en 1988, avec toutes les polémiques qui vont accompagner son succès. Aujourd'hui encore, la page wikipedia du disque étonne par le nombre de références positives, et classements cultes, dont cet album a fait l'objet. En voilà donc un de plus...












Voilà, et comme d'hab à la fin je tente de me justifier un peu, surtout pour la forme, face aux remarques qui fuseraient. Je me suis bien pris la tête pour classer, soupeser, choisir et donc éliminer. Sachez par exemple que Mos Def, "Muddy Waters" de Redman, "Black Sunday" de Cypress Hill, "Marshall Mathers" de Eminem, "Only built for Cuban Linx" ou plusieurs albums des Roots, Clipse, ou Gangstarr sont passés tout près, mais il fallait allier culte, succès commercial, prise de risques, ressenti et sonorité globale.

Enfin les haterz comprendront qu'avec un tel palmarès il est un peu difficile aujourd'hui de s'emballer tout à fait pour Lil'Wayne, Orelsan ou Drake...

vendredi 8 octobre 2010

As sampled from #7


Bon, vous connaissez tous What's the difference, perle parmi les pépites du chef d'oeuvre danso-producto-rentabilo-pro Chronic 2001 de Monsieur Dre, piste numéro 7 et son ayant un poil vieilli mais très peu (depuis 1999 tout de même) qui convoque Eminem et le surestimé Xzibit, morceau dans lequel le Doc évoque avec émotion ses beefs passés avec Eazy-E entre autres. On s'en souvient en images.



Ce qu'on sait moins, peu, voire pas du tout c'est que le sample utilisé en matrice vient d'un très beau morceau d'un autre gentleman, pas du même age, ni du même style, le fameux "grand Charles" Aznavour, Parce que tu crois...



Amusant, non ? Et pour boucler ce petit intermède musical, on peut ressortir la version charts du sample signée Blu Cantrell (disparue depuis, au sens pas retrouvée) et cette buse sympathique de Sean Paul, qui a egayé je ne sais plus quel été, ça s'appelle Breathe...


allez un petit bonus


jeudi 7 octobre 2010

La praline à Pirlo


Bon, avec un peu de retard dû au retour de République Tchèque, où nous sommes passés par toutes les émotions comme d'hab avec une équipe de France de basket, soit un passage près de l'exploit en quart contre l'Espagne, et un décrochage irréel pour perdre le même match (les Bleues terminant finalement en 6e place), je reviens parmi vous lecteurs insatiables.

Au départ j'aurais souhaité parler de la grave fracture de Ben Arfa par Nigel "démonte" De Jong, pour revenir en images sur les blessures les plus atroces - visuellement parlant - des jambes cassées du foot, au sens propre du terme. Soit Larsson, Cissé, Wasilewski, etc mais réflexion et visionnage de certaines images sur ce blog, rien à faire je suis trop une petite nature.
Et sur le sujet, on doit être douze à tout casser en France dans ce cas, mais j'ai eu de la peine pour le jeune attaquant, qui a sans doute beaucoup de défauts mais reste un génie incompris dans un monde trop grand pour lui, et qui pour le coup n'a vraiment pas eu de chance cette fois-ci...

Alors, pour garder une image d'avantage positive de ce week-end marquée, apparemment (pas vu) par un "vrai" sommet de Ligue 1 entre les Verts et Marseille je vous glisse la praline dantesque et sublime de pureté de Andrea Pirlo, le chevelu milanais qui sera bientôt atteint par la limite d'âge, et dont l'image publique sans doute tronquée, le sourire rare et le talent par intermittences, fait écho à celle d'Hatem Ben Arfa...