lundi 25 octobre 2010

Cool Ruler


Bah on était déjà pas franchement ravis de la mort de Solomon Burke, au point de laisser les autres blogs faire bien mieux le petit post hommage qu'on aurait pu bâcler pour la forme, mais avec Gregory Isaacs c'est une certaine idée du reggae lover qui nous abandonne, de l'album culte Night Nurse à sa reprise sublime de House of the rising sun, entendue entre autres dans l'oubliable film Raï de Thomas Gilou, avec Tabatha Cash en civil mais nue quand même...



Greg Isaacs c'était du cool, du détendu, du sexuel depuis le départ et un hit baptisé "Another Heartache" en 1968...de quoi lancer une carrière et une réputation de ladies'man et de libidineux enfumé pour la vie...



Ce serait oublier néanmoins la qualité de son grain de voix, sa popularité et sa propension frénétique à sortir des albums à partir des années 70, sur son label African Museum...avec des chansons d'amour come Sinner Man, ou My only lover ou surtout un Mr Cop troussé à quatre mains avec le légendaire Lee Scratch Perry...



Surnommé "The Cool Ruler", "Dapper Slapper" ou "Jah Tooth" (sans oublier le moins chantant "Hitler", lié à un supposé autoritarisme avec ses collaborateurs) il sortira ses meilleurs disques entre la fin des 70's et le début des années 80...soit Cool Ruler, Soon Forward, Lonely Lover et More Gregory, chaque année entre 1978 et 1981...

Mais le "vrai" chef d'oeuvre selon observateurs, puristes, érotomanes et cultivateurs, reste Night Nurse, livré en 1982. Le morceau-titre est parfait (repris plus tard par...Simply Red, on ne rit pas), mais aussi "Stranger in town", "Hot stepper"...tout s'enchaîne comme un pain d'épices au miel trempé dans le chocolat chaud. Mais Material Man reste mon track favori, car sans doute le mieux produit...





On peut réécouter le disque ici sur Deezer...

Après cet album, c'est un peu la (très) longue traversée du sable mouvant, avec un passage prison pour arme à feu, des soucis de drogue (tiens donc) qui abîment son organe-outil de travail, et une palanquée de best of, greatest hits et autres anthologies produites avec trois francs six sous vendues bon marché sur les braderies de par le Monde...et pour Isaacs pas de Massive Attack pour le rattraper par la tendance, comme les Bristoliens l'avaient fait avec le falsetto Horace Andy...




Tout juste eût-on des news de Greg, parmi les dernières certainement, dans l'inégal docu de Jérôme Lapperousaz, Made in Jamaica, où il chantait Kingston 14 dans une mise en scène en pleine rue. Que le Cool Ruler rest in peace.

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