mardi 22 février 2011

Ba moin en Timbo


Salut les kids et les autres, laisser ce blog en état de mort avancée depuis plusieurs mois avait beau me faire comme un FUSSOIR, je me justifierai à nouveau même si vous vous en foutez par l'absence de temps libre face au travail, aux enfants, à Twitter et tout ça. Donc je reviens, et je reviens pour vous parler de mon ami Timbaland.Qui ne me connait d'ailleurs pas.

Pourquoi lui, pourquoi maintenant ? Déjà parce que je pense, comme Yohann Gourcuff ou Enrico Macias, que le meilleur de sa carrière est déjà derrière lui, une question de "momentum", de grâce, de créativité tout ça. Et pourquoi lui parce que je considère cet énergumène à part des autres surdoués de la produccion IPOP, les Dre les Pharrell les RZA et autres Sermon ou MF Doom, comme un véritable Phil Spector moderne, voilà pour la "catchup phrase" un peu Inrocks dans l'idée. Mais un Spector sans perruque, flingues et portes du manoir fermées aux invités qui s'ennuient.

Timothy Zachary Mosley est né en 1972 à Norfolk en Virginie, l'année (coincidence ?) où sortiront Exile on Main St des Stones, et le combo de ouf Talking Book-Music of my mind de Stevie Wonder...Il commence comme DJ, il va au lycée avec les futurs Clipse, et il tripote sur son clavier Casio jusqu'à ses vrais débuts en 96 avec ceci :



Un tube sexuel et un brin sirupeux, mais la production tabasse déjà tout, avec ce "yeah" trituré dans tous les sens, annonciateur d'un baroquisme dévastateur. Et ça s'empile rapido pour le bonhomme, d'abord en duo avec son compère Magoo et aussi aux manettes du premier album Supa Dupa Fly de sa pote Missy Elliott...Mais son premier chef d'oeuvre viendra en 2001, avec l'album I care for U de la splendide Aaliyah. Deux bijous, certainement dans le top 20 r'n'b de tous les temps, appelés We need a resolution et More than a woman...





Sur le premier, la variété d'ambiances, les saccades, la profusion de sonorités, la compression et le jeu avec les lyrics, témoignent d'une créativité impressionnante, presque arty et décalée au regard des canons de l'époque. Plus "classique", More than a woman est un autre objet d'art, qui rappelle clairement le Spector de "Then he kissed me", cet instru bigarré, surpuissant, presque saturé, orgiaque et orchestral presque hors sujet pour une chanson d'amour. Un bonheur total qui n'a presque pas vieilli aujourd'hui.



L'autre pépite de la carrière passionnante et lucrative de Timbaland vient de son duo avec la géniale et gouaillarde Missy Elliott, pour son retour aux affaires avec deux albums dépouillés, volontairement old school, "Under construction" et "This is not a test" en 2002 puis 2003. Là encore, deux chefs d'oeuvre absolus, aux sonorités africanisantes, presque sombres, minimalistes, et tordues. Une vraie réussite dont les meilleurs extraits suivent...







Depuis cette époque, Timbaland est devenu incontournable, comme Pharrell après 2002 ou Ronson plus récemment, pour fatalement un éparpillement qui confine d'avantage à la variété commerciale moins passionnante. Mais il fait encore quelques perles de temps en temps, comme sur ses deux albums Shock Value. La magie est sans doute passée...